Je me souviens (d’après Georges Pérec) …

Je me souviens d’Ennio Morricone

Je me souviens de la Dernière Séance avec Eddie Mitchell et papa

Je me souviens de la guerre du Cambodge, les premières bombes à la télé

Je me souviens des diners Spaghetti-Dallas en famille

Je me souviens de la fumée de cigarette partout dans la maison et au fond des avions

Je me souviens de l’an 2000

Je me souviens des Twin Towers, l’Amérique de la haine et de la vengeance

Je me souviens de la chèvre de Monsieur Seguin en boucle sur mon mange-disque orange

Je me souviens des patins à roulettes dans l’appartement en travaux

Je me souviens du serre-tête en mousse de Bjorn Borg

Je me souviens de Jeanne Mas en chaussures pointues

Je me souviens des haricots mous à la cantine

Je me souviens de Flaky, le chien jaune des voisins qui me laissait grimper sur son dos

Je me souviens de l’écorce du chêne liège au creux de mes fesses

Je me souviens de ses yeux immenses derrière son masque de plongée

Je me souviens du biberon de chocolat chaud que me préparait papa dans la caravane

Je me souviens de la sueur de la sieste, les coussins moites, les rêves mielleux

Je me souviens que Francois Mitterand était bel homme, jeune

Je me souviens d’Halloween à New Orleans, les spectres qui traversent la rue, la flamme qui danse sur le sourire de Maman

Je me souviens du saxophone de Bourbon street, triste à danser

Je me souviens des Mongolfières place Bellecour, le tintamarre de champ de bataille

Je me souviens des main énormes de mon oncle. Le silence.

Je me souviens du whisky qui me faisait grimacer. L’élan de l’ivresse.

Je me souviens du procès de Klaus Barbie, les rues barrées, la police

Je me souviens d’Alexandrie Alexandra

Je me souviens que Daniel Balavoine est mort dans le Sahara

Je me souviens des pains au chocolat brûlants dans le néon de l’aube

Je me souviens des baisers salés sur la plage

Je me souviens des sandales-méduse en plastique

Je me souviens de Ken, 1m95 et bonnet Rasta à notre mariage. Les lentilles à la place du riz pour préserver les oiseaux

Je me souviens des égratignures aux genoux sur la place Bellecour, la petite dame des glaces qui souffait dessus

Je me souviens des rires de bétail égorgé de mes soeurs, le pipi chaud dans nos culottes

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